Quimper, rennes, lorient, roscof et saint broc',
avec leurs manèges insolites de ouistitis en capuchon qui trainent leur ennui morne sous un ciel gris pisseux, ces touristes au ciré neuf à 2000 balles, ces vieux pécheurs bedonnants du ptit matin, les pompes crades et mouillées aggripées au bord de la digue et aussi ces nouveaux riches de passage, le haut du corps gonflé pas tant par la digestion du kouign amand que par la fierté de voir leur nouveau turbo machin amaré a coté d'une vieille rame de bateau de pêche écaillée, délavé, largué avec ses planches brisées dans un coin d'port retiré. Ces goelants qui amusent un temps puis emmerdent les passants, ces vieux marins au tricot déchiré qui gesticulent sur le ponton quand vient le soir, avec un ptit coup dans le nez. Ces cornemuses qui s'essoufflent aux portes des bars et cet hortensia dégarni qui remonte fièrement ses couleurs pales devant une merveille de petit volet bleu, encerclé par les pierres vieillies.
Les décors pastels a travers une vitre fendue et une petite barque juste la, qui se tortille, attirée par le grand large et prisonnière d'un n½ud tressé. Ces musiciens errants sur le port requinqués au chouchen après une rude soirée.
Sur la plage les bas de jean se mouillent, les t-shirts flottent, les mains manucurées des jolies filles s'acharnent sur un brushing déjà en bataille. Une fois les chevilles dans l'eau les bouches se tordent, les bouées détalent, les calçons trop grands prennent le large. Les planchistes bombent le torse la ou le vent les porte et un gamin émerveillé rempli son t shirt de coquillages noircis et de crabes morts qui finiront a la poubelle des qu'il fermera les yeux. Les tout jeunes papas qui hurlent en agitant les bras, béats de bonheur dans une eau froide, du sable dans le short et un sourire gaga.
Les images s'estompent et les odeurs disparaissent pour laisser place a l'habituel fourbi de pré-rentrée qui met HS nos projets abracadabrantesques inachevés. Les envies prises de cours se retrouvent au pied du murs, ravalées, digérées, amèrement mises de coté. On enlève les coquillages crades et les galets qu'on avait cérémoniellement déposé au fond d'nos sacs troués pour y mettre des bics qui puent le neufs et le trin trin retrouvé. Ressortir les jeans clean et les pompes fermées, ranger dans le même tiroir les sandales arrachées et les espoirs démesurés. Bientôt on s'retrouvera tous encore une fois, nos tronches blasées au dessus d'une table gravée avec raffinement, a barbouiller nos clairfontaines de nouveaux plans foireux, mâchouiller de nouvelles idées.
merci angi'