Faits d'hiver.

Faits d'hiver.

Spleen chronique. Y en a qui rêvent d'amsterdam...
Danser pieds nus les soirs sur le pont d'une vieille rame ballottée par les eaux du canal. La nuit tomberait en musique, se faufilant entre les arbres, sans pourrir l'air du soir de cette odeur de routine annonciatrice de files de lendemains identiques et a répétition. Respiration.
Un vieux 33 tours doc watson tourne et s'épuise sur la platine. Le grésillement du disque se heurte a des tas d'idées échouées, des projets en suspend qui font la manche dans un coin. Des envies un peu vagues qui trouvent pas leur chemin et se désagregent, se consument les bras ballants entre deux echecs cuisants.
Dehors les feuilles mortes tombent pour aller remplir les herbiers des petits écoliers. On a ressorti en faisant la mou les col roulés molletonnés qui puent la naftaline, les placards de nos mémés.
J'aime cet endroit d'la ville les mercredi soirs ou on regarde déambuler des vieux punk barbus avec leur gros clébars énervés, j'aime m'endormir sur ton canapé.

« chem' cheminey chem' chem' chero, moi j'aime c'que j'fais parce que j'fais rien...que c'que j'veux »


# Posted on Saturday, 22 November 2008 at 2:54 PM

Edited on Saturday, 22 November 2008 at 3:22 PM

chicago blues

chicago blues

Quimper, rennes, lorient, roscof et saint broc',
avec leurs manèges insolites de ouistitis en capuchon qui trainent leur ennui morne sous un ciel gris pisseux, ces touristes au ciré neuf à 2000 balles, ces vieux pécheurs bedonnants du ptit matin, les pompes crades et mouillées aggripées au bord de la digue et aussi ces nouveaux riches de passage, le haut du corps gonflé pas tant par la digestion du kouign amand que par la fierté de voir leur nouveau turbo machin amaré a coté d'une vieille rame de bateau de pêche écaillée, délavé, largué avec ses planches brisées dans un coin d'port retiré. Ces goelants qui amusent un temps puis emmerdent les passants, ces vieux marins au tricot déchiré qui gesticulent sur le ponton quand vient le soir, avec un ptit coup dans le nez. Ces cornemuses qui s'essoufflent aux portes des bars et cet hortensia dégarni qui remonte fièrement ses couleurs pales devant une merveille de petit volet bleu, encerclé par les pierres vieillies.
Les décors pastels a travers une vitre fendue et une petite barque juste la, qui se tortille, attirée par le grand large et prisonnière d'un n½ud tressé. Ces musiciens errants sur le port requinqués au chouchen après une rude soirée.

Sur la plage les bas de jean se mouillent, les t-shirts flottent, les mains manucurées des jolies filles s'acharnent sur un brushing déjà en bataille. Une fois les chevilles dans l'eau les bouches se tordent, les bouées détalent, les calçons trop grands prennent le large. Les planchistes bombent le torse la ou le vent les porte et un gamin émerveillé rempli son t shirt de coquillages noircis et de crabes morts qui finiront a la poubelle des qu'il fermera les yeux. Les tout jeunes papas qui hurlent en agitant les bras, béats de bonheur dans une eau froide, du sable dans le short et un sourire gaga.
Les images s'estompent et les odeurs disparaissent pour laisser place a l'habituel fourbi de pré-rentrée qui met HS nos projets abracadabrantesques inachevés. Les envies prises de cours se retrouvent au pied du murs, ravalées, digérées, amèrement mises de coté. On enlève les coquillages crades et les galets qu'on avait cérémoniellement déposé au fond d'nos sacs troués pour y mettre des bics qui puent le neufs et le trin trin retrouvé. Ressortir les jeans clean et les pompes fermées, ranger dans le même tiroir les sandales arrachées et les espoirs démesurés. Bientôt on s'retrouvera tous encore une fois, nos tronches blasées au dessus d'une table gravée avec raffinement, a barbouiller nos clairfontaines de nouveaux plans foireux, mâchouiller de nouvelles idées.

merci angi'

# Posted on Monday, 01 September 2008 at 2:40 PM

Edited on Monday, 01 September 2008 at 3:02 PM

No milk today

No milk today

« Me gusta viajar me gustas tu »


Mes sandales sont mortes madame.
Mais qu'est ce que je donnerai pas hein, pour qu'on r'perde notre chemin enore une fois sortida urquinaona, refaire une virée plein cagna et laisser les touristes gesticulants devant zara pour s'faire un sac de tagada dans la ptite rue qui sent le moisie, me cramer la langue avec un starbuck brulant, ecouter les mec qui jouent du sax' dans l'métro, s'arreter devant ceux qui skuatent les coins de rue avec un piano démentibullé, les térasses en soirée au mano negra ,les discussions désordonnées, les grimaces devant la tasse de carpaccio. Les rires qui éclatent d'vant le model type du loubanard poilu d'la veste qui chope un peu d'amour propre et de pseudo virilité en donnant des coup de pied a son minuscule cleps ébouriffé, sous pretexte qu'il avance pas assez. Les tentatives gastronomique a la crepe foirée et cette grenouille en gélatine, récemment ecartelée.
Le coconut grove a fait son temps, ce soir a le gout des dernieres fois mais un air de blues qui me plait plus qu'a toi remonte mine de rien les coins de nos bouches en vrac, je jurerai t'avoir vu sourire en disant « putain de blanc, j'veux pas rentrer chez moi »



Prochaine fois c est d'la virée a trois

# Posted on Monday, 21 July 2008 at 6:16 AM

Edited on Sunday, 10 August 2008 at 8:00 AM

"Summertime Blues..."

"Summertime Blues..."
"Papa, maman, j ai encore une question ! vous avez une vie merdique pas vrai ? comment vous vous etes débrouillés ?"

La minutieuse man½uvre de toute une vie : suivons pas à pas le schéma classique de l'etre humain civilisé en nous accordant avec folie une mince marge d'originalité.
Un gentil mari moustach
u livré avec surnom bidon en référence a un vieux souvenir de franche rigolade, trois gosses bouffis assez brillants pour lire le programme télé. Une mutuelle de dingue. L'arrosage automatique. La volvo. Le chien. Les ptits dej' en famille a la chicoré, les dimanches a la campagne chez les beaux parents défoncé a l anti-moustique, regarder les infos dans la salle a manger en dégustant un william saurin cancérigene et édulcoré...quelle santé.
La vie des perdus s'résum
e à slalomer entre les schéma et les clichés. Le sens des choses glisse et m'échappe comme un bloc mouillé de ptit marseillais. J'crois qu'l'etre humain danse sur un tabouret a trois pieds.

"Papa, maman, j'veux pas travailler...
-Faut gagner du fric mon poussin
-Mais moi j'crois bien que c'est du poison
-
C est pas une raison, va te coucher"


L'Homme. Seul etre vivant qui s'auto-empoisonne pour survivre. Et c'est l'gugus imbibé d'héro bavant dans sa biere qui s'fait pointer comme déchet d'la société. Si l'monde tourne rond, il doit y avoir un mec dessous qui s'releve la nuit et nous s'coue dans tous les sens pour faire peter au fond d'nos cerveaux les moindres particules de bon sens et d'humanité. Par ici les cranes sont vides, ya plus que du réseau orange, sa clignote de la redif' M6 jusqu'aux oreilles du mec d'a coté.


"Maman, moi quand je serais grand j'voudrai pas d'argent juste une guitare...et un sac a dos, pour la mettre dedans."



Beau mois de mai. Les grillons s'pointent et tchatchent en ignorant les ptits humains déprimés qui s'tapent la tete contre les vitres en début de soirée. Les aprem « skuate de pelouse » reprennent la place du roi dans nos emploi du temps. Ca sent l'herbe tondue, la camel et les exams de fin d'année =s
Parfois la musique s'ballade entre les murs des rues. Nous on est la, à conter les nuages qui passent en s'demandant ce qu'on va bien pouvoir faire d'nos bouilles un peu plus tard . On a le blues du voyage, des trainages de pompes clandestins sur les chemins et les plages.
Tout d'suite on est bien, le ciel est bleu et chaque instant qui s'pointe a comme un air de jazz'



# Posted on Thursday, 08 May 2008 at 1:07 PM

Edited on Sunday, 11 May 2008 at 12:13 PM

My pocket is empty

My pocket is empty
« hey j'peux vous gratter un ptit truc tout de suite la ? »

Concert Tetes raides


Des moments qu'on voudrait r'vivre encore et encore.
Deux dread locks qui s'balancent, trois notes de sax et on r'commence


“Let's go” ...to York
« girls ! it's time to get up »
Chouette passage en angleterre
Etrange de quitter son trintrin pour aller s'incruster dans celui d'un couple de british branché electro.
J'aime les ptit dej express, les pouces levés des vendeuses devant notre povre anglais étriqué niveau sixieme, les perdus sappés a l arrache qui jouent du violon dans les rues et les iced drink chocolat vanille qui t'mettent l estomac en vrac
Sympa de constater la ptite contribution de madame tout le monde pour que la colloc tourne pas guerre des tranchées .J'aime aussi les efforts compréhensifs de cet enfoiré de serveur au néro. C est ca aussi le tourisme bonhomme...

Bizarre pour le ptit lycéen suivi de prés par son emploi du temps chargé sérré, de voir a quel point il se retrouve pommé dès que ses heures de cours sont pas la pour lui faire comprendre quel jour on est. On perd la notion du temps a tel point que quand la routine se repointe et qu'on s'remémore le voyage on a simplement l'impression d'avoir longuement commaté.
Sa nous ote toujours pas l'envie de voyager, de jouer au ptit citoyen du monde et d'voir du pays avant d'etre myope et névrosé. A quand l'australie ?

Prochaine fois j espere qu'on aura l oaccaz d'aller se jouer un bout de musique sous les réverbères, pourquoi pas un nirvana débutant (et plus encore) sur un banc, au fonc du parc... et rebecca on t'embarque !

# Posted on Sunday, 16 March 2008 at 4:29 PM

Edited on Friday, 24 October 2008 at 4:41 PM